Le paysage intérieur

Dans la vingtaine, David Le Breton (1953), anthropologue et sociologue français, a décidé un jour de partir se perdre au cœur de l’Amazonie. Le Brésil était alors pour lui un rêve de l’adolescence, une sorte de voyage initiatique dont l’idée maître était l’exploration et la rencontre de soi ainsi que de l’Autre. Quoi de mieux qu’une terre lointaine, exotique et fascinante pour étaler un baume sur le mal de vivre.

L’exigence de l’aventure demandait d’apprivoiser l’infiniment vert pour amadouer ce saut dans le vide. L’appel de la forêt devenant ainsi la promesse de sa guérison et le lieu de sa renaissance.

Je ne sais pas combien de temps il est resté au Brésil – probablement un bon moment – mais je crois que l’épisode qui a signalé la fin du voyage est possiblement le trajet de Manaus vers Rio de Janeiro qui avait mis à dure épreuve sa force et son endurance. Semble-t-il qu’il n’arrivait pas à trouver de l’aide sur la route en faisant du pouce. Il avait passé des jours sous un soleil de plomb, sombrant dans le plus grand désarroi. Peu de voitures circulent sur la Transamazonienne. Quand je vois les images de cette route serpentant la forêt, les possibilités de survivance me semblent improbables : la chaleur implacable, l’humidité, les pluies, les insectes…. Finalement, des policiers l’ont repéré. Selon son récit, ils étaient stupéfiés de trouver un jeune français dans ces lieux. Ils l’on amené à l’assistance sociale où il a reçu du soutien et même un billet d’autobus pour São Paulo.

Très fatigué et convaincu qu’il avait échoué sa traversée, il a décidé de rentrer en France et finir sa thèse de sociologie avec Jean Duvignaud. Quelques mois plus tard, il publiait son premier livre, le roman La Danse amazonienne (1982).

Je partage ici l’image de la route Transamazonienne traversant le Mato Grosso. Cette vue du ciel est très éloquente. La désolation de David Le Breton a dû être à l’image de cette immensité verte. Par ailleurs, il l’avait déjà mentionné en écrivant sur l’expérience brésilienne : «l’Amazonie est toujours intérieure».

Carl Jung disait : «si vous regardez le monde du dehors vous allez rêver, si vous regardez le monde intérieur, vous allez vous réveiller».

Transamazonienne. Photo Télérama Hors série.

Transamazonienne. Photo Télérama Hors série.

Je termine avec un avis aux aventureux qui voyagent dans le Sud : la cuisine amazonienne est très tendance. Au menu, des tarentules aux sauces diverses…Non merci, je suis végétarienne !

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s